Créé en 1790
(avec à l'époque Aix
pour chef-lieu) le département des
Bouches-du-Rhône ne compte guère
que 119 communes, mais sa riche histoire
et le rayonnement de ses villes, Marseille
tout particulièrement (deuxième
ville de France) et Aix,
en ont fait un carrefour de civilisations,
le centre de la Provence et l'un des éléments
les plus dynamiques de l'actuelle Région
Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Dès l'an 600 avant J.-C., les Grecs,
en fondant Massillia puis ses colonies
semblent donner à cette province,
occupée depuis le premier millénaire,
une vocation historique d'ouverture sur
le monde méditerranéen.
Intégré au sein de la "Provincia
Romana" dès la fin du deuxième
siècle, le pays, qui voit passer
les Teutons défaits par Manus à
Pourrières
(près d'Aix) en 102 avant J.-C.,
se développe au gré de la
civilisation gallo-romaine.
De nombreux et beaux vestiges en témoignent
comme à Arles (arènes, nécropole
des Alyscamps utilisée jusqu'à
la fin du Moyen Age) ou Saint-Rémy-de-Provence
(Glanum).
Haut-lieu du monachisme (Saint-Victor à
Marseille), la région, qui subit
les invasions successives des Barbares aux
Vème et VIème |
siècles, est surtout
marquée ensuite par les divisions des
princes carolingiens qui l'entraînent
à faire partie du "royaume d'Arles",
dépendance des empereurs germaniques
réunie à la Bourgogne (933)
: Guillaume-le-Libérateur, qui libère
la Provence des Sarrasins en prenant le titre
de marquis de Provence regroupe alors la féodalité
provinciale des seigneurs (Châteaurenard,
Fos, Baux guerres "baussenques"
1142-1165) jusqu'aux comtes ou vicomtes locaux
(Marseille).
En 1125, toutefois, c'est à nouveau
la division entre comtat Venaissin, comté
de Provence et comté de Forcalquier.
L'actuel département des Bouches-du-Rhône
confond alors son histoire avec celle de la
Provence et de ses comtés.
En 1246, Béatrice, fille du comte de
Provence Raimond Bérenger V (1216-1246)
épouse Charles d'Anjou, frère
de Saint-Louis, lui apportant la Provence
en dot. C'est alors la première maison
d'Anjou, Jeanne d'Anjou toutefois, étant
morte sans enfants (1382), la succession passe
à Louis Ier, frère de Charles
V, et la Provence relève de cette deuxième
Maison d'Anjou jusqu'à sa cession par
le roi
René à son neveu Charles
du Maine, en 1480.
La mort de ce dernier, en 1481, réalise
enfin l'union de la Provence à la France.
La paix alterne alors avec les périodes
de troubles et d'invasion : ainsi, en 1524,
les troupes du connétable de Bourbon
mettent le siège devant Marseille
; en 1536, celles de Charles Quint envahissent
la Provence. |
Encore agitée aux
XVIIème et XVIIIème siècles
(peste de 1720), l'histoire de la région
est surtout marquée par la rivalité
administrative et politique entre Marseille
et Aix
; siège du gouvernement, d'un Parlement,
d'une Chambre des Comptes, d'une Université
(depuis 1409) et lieu de réunion
des Etats de Provence.
La Révolution qui voit naître
le chant de Rouget-de-l'Isle popularisé
par les Marseillais ralentit dans un premier
temps l'économie du pays (blocus
continental), mais les conquêtes coloniales,
l'installation du chemin de fer et l'ouverture
du canal de Suez lui rendirent son dynamisme.
Agricole dans l'arrière-pays,
le département des Bouches-du-Rhône
développe dès le XIXème
siècle son industrie, ainsi à
Marseille
(huileries, savonneries port) et, au XXème
siècle, sur la côte (complexe
de l'étang de Berre, raffinerie de
Fos) montrant ainsi un double visage à
la fois antique et moderne, paysan et marin,
provençal et cosmopolite. Marseille,
à la population expansive (rapatriés
d'Afrique-du-Nord, émigrés)
y fait figure de métropole régionale
et de capitale industrielle, politique et
culturelle. |