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» Les Arts dans les Alpes de Haute-Provence

La Haute-Provence se manifeste tôt dans le domaine archéologique : les quatre colonnes de Riez, le baptistère de la même ville (Vème siècle) ouvrent la marche.

Alpes de Haute Provence Tourisme

Le département est également assez remarquable par la conservation d'un certain nombre d'édifices de l'art préroman ou du roman primitif.
La crypte de la chapelle Notre-Dame de Dromon (commune de St-Geniez-de-Dromon) remonte au IXème ou Xème siècle.
L'église Saint-Donat étonne par la rudesse et la puissance de son architecture (XIème siècle).
Au même siècle appartiennent également l'église Saint-Martin de Volonne, la crypte de Vilbosc. Quelques édifices forment la transition entre l'art roman primitif et l'art roman proprement dit; ainsi les clochers de l'église de Mallefougasse et de Notre-Dame-du-Bourg à Digne.

Eglise de Mallefougasse

L'art roman a connu une très belle floraison en Haute-Provence, aux XIIème et XIIIème siècles. Son influence s'est fait sentir tardivement, tant il exprimait vigoureusement l'âme du pays. Les cathédrales de Forcalquier (Notre-Dame-du-Bourguet, XIIème siècle), de Sisteron (Notre-Dame-de-Pommiers, XIIème siècle), de Digne (Notre-Dame-du-Bourg, fin XIIème/XIIIème siècles), de Senez (XIIIème siècle), les églises de Seyne (XIIème siècle), de Ganagobie (XIIème siècle), de Moustiers-Sainte-Marie (XIIème siècle), etc., témoignent d'une architecture à la fois puissante et bien ordonnée. Par contre, l'art gothique a moins bien réussi dans la région. Tout en ayant donné la

cathédrale Saint-Jérôme à Digne, l'église des Dominicains de la Baume-lez-Sisteron, quelques charmantes églises rurales (ainsi à Limans, à Sigonce) et des parties considérables d'édifices (ainsi dans la cathédrale de Forcalquier), il n'est pas distingué par des chefs-d'œuvre comparables aux fleurons de l'art roman, ce qui n'exclut pas de nombreux et tardifs morceaux disséminés ici ou là ; portails, addition de chœurs, de bas- côtés, etc.
En effet, l'archaïsme caractérise la Haute-Provence.
Le gothique s'y prolongea jusqu'au XVIIème, voire jusqu'au XVIIIème siècle.
Et le roman s'est perpétué outre mesure, en des formes bâtardes, se mêlant au gothique, même au classique ; on a alors de curieux mélanges, des structures ambiguës, ainsi dans la cathédrale d'Entrevaux.

Entrevaux - Alpes de Haute-Provence

L'architecture classique n'a produit qu'assez peu de spécimens émérites, entre autres, l'église paroissiale de Jausiers, l'église des Visitandines à Forcalquier. Par contre, l'architecture militaire est assez bien représentée en Haute-Provence : le Moyen Age avec des portes fortifiées (ainsi à Manosque et à Riez), des tours ou des donjons (ainsi à Sisteron, à Castellane, à Saint-Martin-de-Brômes), des restes de remparts ou de citadelles (ainsi à Sisteron, à Castellane et à Mane), mais surtout le XVIIème siècle avec les travaux de Vauban : citadelles de Seyne et d'Entrevaux, villes fortifiées d'Entrevaux et de Colmars-les-Alpes, encore corsetées de leurs remparts anciens.
Les châteaux, les bastides abondent, mais souvent rustiques, et peu ont un véritable prestige, encore moins remontent au Moyen Age, même en partie.
Citons le château des Templiers à Gréoux-les-Bains (avec un donjon XIIème siècle), les châteaux de Château-Arnoux et d'Allemagne-en-Provence (XVIème siècle), celui de Sauvan à Mane, le seul

qui s'apparente véritablement aux grandes résidences d'âge classique de la région parisienne. L'architecture civile, elle, foisonne. Sans parler du Moyen Age, qui a pourtant laissé quelques morceaux isolés, la Haute-Provence peut se targuer d'une multitude de maisons anciennes, traçant de la fin du XVème siècle à nos jours un panorama complet des divers types et styles d'habitations.
Et bien des villages et des petites villes ont gardé en leur cœur des masses compactes de passé qui nous transportent loin en arrière, dans un monde révolu.
Au point de vue art pur, la Haute-Provence, pays économiquement assez déshérité, ne peut fournir un bilan aussi favorable.
Cependant, elle ne laisse pas que de présenter certaines richesses artistiques, même étonnantes pour un pays naturellement pauvre.
Ainsi, depuis une vingtaine d'années, on s'est avisé qu'un certain nombre de ses maisons, de ses châteaux recélaient des ensembles de gypseries, d'une qualité parfois extraordinaire, et aussi des cheminées très ornementées ; l'hôtel de Mazan à Riez, la mairie-château de Volonne, l'hôtel de Ventavon à Sisteron sont particulièrement représentatifs à cet égard.
La pauvreté du pays n'a pas empêché, non plus, d'embellir bien des églises d'objets et d'un mobilier parfois fastueux : retables et autels monumentaux débordant de sculptures et de dorures (ainsi à Cruis et à Bayons), tapisseries des Flandres et d'Aubusson dans la cathédrale de Senez, multiples témoignages de la dextérité des ébénistes d'antan, tels qu'orgues, chaires, stalles, etc., nombreux tableaux et statues.
Par-dessus tout, il faut s'incliner devant ce miracle qu'a été la floraison de la faïence de Moustiers-Sainte-Marie aux XVIIème /XVIIIème siècles, avec les Clérissy, les Olérys, les Ferrat, etc.

Moustiers-Sainte-Marie

On admirera toujours qu'une des sortes de faïences les plus raffinées qui aient existé ait surgi dans un pays arriéré, pauvre, à l'écart des courants artistiques, perdu dans un chaos de montagnes dépourvues de voies de communication.


   
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