| lequel fut
l'épicentre d'un tremblement de terre
qui affecta une partie de la Provence en
1909.
Le pittoresque village de Rognes
(16 km) fut alors partiellement détruit
dans sa partie perchée sur un piton.
Celui-ci apparaît maintenant crevé
par les anciennes caves des maisons effondrées.
Il est couronné par les ruines d'un
château juché sur d'anciens
habitats troglodytiques (visite à
pied).
De Rognes
(N 543, puis N 561, à gauche), on
rejoindra l'abbaye de Silvacane après
avoir longé le bassin de Saint-Christophe
(décantation des eaux du canal de
Marseille).
Fondée en 1144, Silvacane est une
des «trois sœurs cisterciennes»
de Provence, avec les abbayes de Senanque
et du Thoronet.
Un cloître, une salle capitulaire,
un dortoir voûté et diverses
salles forment avec l'église aux
proportions très pures un ensemble
architectural harmonieux et dépouillé.
L'acoustique exceptionnelle de l'église
a suscité la création d'un
cycle de séances de musique de très
grande qualité, en été.
AU FLANC DU LUBÉRON
De Silvacane, reprendre la N 561, puis,
à gauche, la N 543 (pont sur la Durance
vidée par les barrages E.D.F. qui
canalisent son eau sur la rive gauche).
Cadenet
traversé, la route monte en lacet
(belles vues sur la vallée) et redescend
sur Lourmarin,
très joli bourg au pied de la combe
sauvage traversant la montagne.
Outre les vieilles rues bordées d'élégantes
maisons anciennes (XVIIème et XVIIIème
siècles), on visitera le château
(XVème et XVIème siècles),
à la fois de plaisance et de défense,
qui les domine avec ses bâtiments
complexes d'une architecture savante (très
bel escalier à vis) et sa tour hexagonale
qu'entoure un charmant jardin à la
française (mobilier d'époque,
gravures anciennes, tableaux).
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A la sortie sud du village,
le cimetière renferme la tombe très
simple, recouverte de romarins, du romancier
Albert Camus.
De Lourmarin, la D 56 mène à
Cucuron
par Vaugines
(beaux points de vue).
Cucuron
offre la curieuse particularité d'être
un très vieux village bicéphale.
A l'ouest, en quittant la jolie place à
fontaine ancienne, on pénètre
dans le quartier médiéval
par une porte fortifiée de l'enceinte
du XIVème siècle, couronnée
par un campanile du XVIIème siècle.
Les vieilles maisons, restaurées
en résidences secondaires, entourent
la butte dominée par les ruines et
la tour du vieux château carré
(XIIIème et XIVème siècles).
A l'est, dans l'autre partie du bourg, s'élève
une grande et belle église (avec
porche gothique, nef romane provençale
et abside du XIVème siècle)
entourée de quelques maisons très
anciennes. La richesse monumentale de Cucuron
témoigne d'une vieille aisance rurale
: son terroir étagé aux cultures
très diversifiées (oliviers,
vignes, cerisiers, cultures légumières)
offre un spectacle évoquant les campagnes
florentines.
On traversera Cucuron
(D 56) pour atteindre le château et
le village perché d'Ansouis,
haut lieu de la noblesse provençale,
fief multiséculaire des comtes de
Sabran, installés là depuis
le Xème siècle (visite tous
les après-midi).
Les appartements encore habités
(très beau mobilier et tapisseries
des XVIIème et XVIIIème siècles,
escalier monumental, curieuse et immense
cuisine provençale ancienne) entourent
les éléments médiévaux
du château (chapelle castrale, cachots,
etc.).
Des jolis jardins suspendus du château,
vue sur la campagne du richli, pays d'Aygues.
VERS LA SAINTE- VICTOIRE
Par la D 56, rejoindre Pertuis.
De là, on pourrait faire un aller
et retour à la Tour-d'Aygues,
dont le |
château fut digne
d'une reine.
Construit vers 1570 autour d'un puissant
donjon médiéval remanié
(XIIème siècle) par un jeune
seigneur galant qui espérait y faire
venir Marguerite de Navarre - elle n'y séjourna
qu'un jour! - il en reste, malgré
l'incendie de 1780, d'admirables façades
Renaissance à trois étages,
des ailes imitées du Louvre et un
portail monumental, copie de bâtiments
romains de basse Provence.
Par la N 573, puis la N 96, à droite,
on rejoindra le défilé de
Mirabeau, où la Durance éventre
un vaste pli anticlinal dont on verra les
puissants bancs calcaires ployés
en dôme, du petit chemin partant de
l'entrée du pont, à droite
(parking possible à côté
des piles de départ de l'ancien pont
du XIXème siècle).
Prendre ensuite à gauche (N 552),
puis à droite (D 11), le vieux chemin
de la basse Provence jusqu'à Jouques,
dont les rues étagées et les
demeures anciennes sont dominées
par une chapelle romane et les ruines d'un
château médiéval.
La route de retour vers Aix (D 11) est une
des plus touristiques de la région.
Elle traverse le chaînon abrupt et
boisé du Grand-Sambuc, d'où
l'on a une très belle vue (col à
610 m) sur la montagne Sainte-Victoire,
tout le haut Var, le plateau de Valensole
et, par beau temps, les sommets longtemps
enneigés des Alpes.
A peu de distance, au pied des escarpements
imposants du grand pli déjeté
de la Sainte-Victoire et au creux du profond
vallon de l'Infernet, on aperçoit
le château de Vauvenargues, perché
sur une butte.
Le peintre Picasso, qui fut propriétaire
du château, a été enterré
près du grand escalier d'accès
au vieux manoir à tours (XVIème
et XVIIème siècles) du philosophe
du XVIIIème siècle (pas de
visite possible).
Retour à Aix
en longeant le lac de retenue de Bimont,
beau plan d'eau artificiel que l'on trouve
à gauche de la route. |