| En quittant Marseille,
la route du littoral (N559) s'enfonce d'abord
par le vallon de Vaufrège entre les
pentes abruptes du mont Carpiagne et les
flancs sauvages du massif de Marseilleveyre.
On laisse derrière soi le campus
universitaire de Luminy (à droite),
qui essaime ses bâtiments au pied
des puissants escarpements calcaires du
mont Puget et dans les garrigues parsemées
de pins d'Alep.
Des derniers lacets avant le col de la
Gineste, on a de très belles échappées
vers la rade et les îles de Marseille.
Pendant la descente sur Cassis,
on embrasse en grande partie le panorama
de la baie, dominée par les formidables
falaises du cap Canaille, les plus hautes
des côtes de France puisqu'elles s'élèvent
jusqu'à près de 400 m.
Le charmant petit port de Cassis,
très typiquement méditerranéen,
évoque à la fois Saint-Tropez,
Collioure et les «marines»
corses. On pourra y déguster des
fruits de mer et d'excellentes bouillabaisses
arrosées d'un des meilleurs «A.O.C.»
blancs du Midi, celui précisément
des vignobles de Cassis, dans un des nombreux
restaurants installés dans les vieilles
maisons autour du port
En quittant Cassis
à pied vers le sud-ouest du littoral
(chemin de piétons facile, tracé
vert), on rejoint les calanques.
Ces canyons calcaires ennoyés par
la mer sont comparables aux grandes gorges
des Causses ou du Verdon.
Les falaises sauvages, murailles claires,
tours et bastions formidables, couronnées
de pinèdes sauvages surplombant les
bras d'une mer limpide, méritent
une promenade.
Il faut compter 1 h A.R. pour les calanques
de Port-Miou et Port-Pin ; 3 h A.R.
pour celle d'En-Vau, en s'élevant
au-dessus des premières.
De Cassis,
la D1 s'élève entre les |
célèbres vignobles
qui s'échelonnent sur les pentes
dominant au nord la baie.
A La Bédoule, prendre à gauche
la N559A jusqu'à Aubagne,
puis, de là, la D2 vers Gémenos.
Cette route très touristique, sinueuse,
grimpe aux flancs des «barres
de Saint-Martin», franchit le
col de l'Espigoulier à plus de 700 m
(vue superbe sur la côte) au pied
de la terminaison sud-ouest du massif de
la Sainte-Baume, dont le pic de Bertagne
(1 041 m) domine ce secteur.
On atteint ensuite (prendre à droite
la D80) le plateau de Plan-d'Aups, qui s'étend
au pied du puissant pli dissymétrique
et faillé.
On s'arrêtera à l'«Hôtellerie»
de la Sainte-Baume (parking, à 3
km de Plan-d'Aups, à droite},
De l'Hôtellerie, propriété
des dominicains, et jusqu'aux pieds des
à-pics les plus abrupts de la montagne,
s'étend la célèbre
forêt. Elle couvre plusieurs centaines
d'hectares sur ce flanc nord-hubac ombreux
et très arrosé (1 000 mm et
plus).
La forêt domaniale proprement dite,
de 138 ha, est une futaie «relicte»
de l'époque glaciaire quaternaire
finale : somptueuse hêtraie où
se mêlent des espèces dont
beaucoup ont disparu depuis longtemps du
reste de la basse Provence (ifs, pins sylvestres,
ormes, érables, frênes, sycomores).
Certains hêtres - ces bois sont protégés
depuis des siècles - atteignent 30
m de haut et de 3 à 4 m de tour.
Des chemins jalonnés d'oratoires
mènent, en 45 minutes, par des sous-bois
denses où se mêlent buis et
plantes rares jusqu'à la grotte-église
et sanctuaire Sainte Marie-Madeleine, auxquels
on accède finalement par un escalier.
C'est là que, dit-on, Marie-Madeleine,
saint Lazare et sainte Marthe vinrent, pour
un temps, se retirer après leur arrivée
en Camargue.
L'entrée de la grotte, vaste salle
naturelle de 30 m sur 24 m et de 5 à
6 m de haut, contient un autel, une statue
de la sainte (XVIIIème siècle)
et un reliquaire.
Au fond jaillit une source.
L'esplanade d'entrée est flanquée
de bâtiments anciens perchés
au-dessus du vide et autrefois fortifiés. |
De la grotte, en redescendant
les 150 marches de l'escalier d'accès,
on peut, par un chemin facile (à
droite, tracé vert, 30 mn) faire
l'ascension de la montagne jusqu'au Saint-Pilon
(998 m).
La vue y est extraordinaire : elle s'étend
jusqu'à la mer et vers toute la basse
et haute Provence (table d'orientation),
Après le retour à l'Hôtellerie,
continuer sur la D80, puis la D95 tout droit.
A 8 km environ à droite, on peut
laisser la voiture pour prendre une route
de terre vers les Glacières de Fontfrège
(20 mn à pied). Il s'agit de très
curieuses et monumentales bâtisses,
à demi enterrées dans le sol,
où l'on conservait, au XVIIIème
siècle, la neige et la glace de l'hiver
jusqu'en plein été pour le
commerce de la glace et des sorbets.
Prendre ensuite, en revenant quelque peu
vers l'ouest, la route de descente vers
Rougiers.
Le village moderne, installé au bord
de son bassin viticole, est le troisième
Rougiers.
Le plus ancien habitat est perché
- ruines du vieux bourg XIVème-XVème
siècles et château imposant
dégagés par des fouilles récentes
- sur les hautes pentes abruptes et au sommet
du plateau dominant le Rougiers actuel.
De Rougiers, continuer sur Saint-Zacharie
(N560).
A partir de ce dernier bourg, un crochet
mène à l'oratoire de Saint-Jean-du-Puits
(D85 très belle, puis chemin carrossable
à droite). C'est là un ermitage
admirablement situé à la crête
de la montagne de Regagnas.
De la chapelle à abside romane,
et surtout de la tour située à
quelques mètres au-dessus, sur la
barre sommitale, on a un panorama splendide
sur la Sainte-Baume (au sud), la Sainte-Victoire
(au nord-ouest), le mont Olympe (au nord-est)
et, au premier plan, de très vastes
ensembles de bois et garrigues sauvages.
De Saint-Jean-du-Puits, retour sur Saint-Zacharie,
puis descente sur Auriol
(beffroi, vieilles rues pittoresques).
A 2 km environ, prendre à droite
la N96, puis à gauche la D7 et la
N8 bis, qui permettront un retour sur Marseille
par un itinéraire inhabituel et pittoresque
entre les flancs des massifs de l'Étoile
et ceux du Garlaban-Thaume. |