| Revenu à Paris, il est associé
(par le critique Henri Collet) au Groupe
des Six (avec Georges Auric, Louis Durey,
Arthur Honegger, Francis Poulenc, Germaine
Tailleferre) rassemblé autour de
Cocteau.
C'est l'époque du Boeuf sur le toit,
mais aussi des Choéphores et des
Euménides. En 1923, au cours d'un
séjour aux Etats-Unis, il découvre
le jazz. Voyageant énormément,
il partage son temps entre la composition
et l'enseignement. En 1940, fuyant les nazis,
il repart pour les Etats-Unis, où
il enseigne au Mills College d'Oakland (poste
qu'il conservera jusqu'en 1971). L'arthrite
qui le paralyse peu à peu ralentit
à peine son activité incessante
couronnée en 1971 par l'élection
à l'Académie des Beaux-Arts.
Cas rare en ce siècle, Milhaud laisse
une œuvre proprement gigantesque :
plus de 450 opus dans tous les genres, illustrant
toutes les formes et jouant de toutes les
combinaisons instrumentales («opéra-minute»,
«symphonie miniature»).
Contrapuntiste exceptionnel, il a écrit
deux quatuors à cordes qui peuvent
être joués ensemble sous forme
d'octuor. Outre la fécondité
jaillissante et l'invention mélodique,
les caractéristiques de son œuvre
sont l'utilisation de la polytonalité,
celle des rythmes exotiques ou du jazz (La
Création du monde, 1923) et le lyrisme.
Au-delà de l'éclectisme des
formes et de la complexité d'écriture,
son œuvre témoigne d'un style
très personnel, aisément identifiable,
une sorte de modernisme épuré
mis au service d'une expression généreuse. |